Nicolas Sarkozy pour les contrôles de vitesses par les sociétés d’autoroute

A quelques semaines des élections régionales, l’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, a lancé un véritable pavé dans la marre lors de son interview au Parisiensur le thème de la sécurité. En effet, afin de “concentrer le travail de la police et de la gendarmerie sur l’ordre public, le renseignement, l’investigation” , le président des Républicains prône l’allégement des tâches qu’il estime “secondaires ou périphériques” et souhaite donc que “les concessionnaires d’autoroutes aient la charge de la sécurité” sur les routes.

Selon Nicolas Sarkozy, longtemps considéré comme le “1er flic de France”, le contrôle des vitesses sur autoroute ne devrait pas accaparer les forces de l’ordre qui devraient davantage se concentrer sur l’action plutôt que sur le contrôle. Cette tache incomberait donc aux concessionnaires d’autoroutes. Une annonce qui ne semble pas faire l’unanimité et qui semble pourtant parfaitement logique aux yeux de l’homme politique :

Je souhaite que les concessionnaires d’autoroutes aient la charge de la sécurité. Je ne vois pas pourquoi cela doit être exclusivement un motard de la gendarmerie ou de la police qui doit faire les contrôles de vitesse, sur un axe d’autoroute concédé par l’Etat. (…) C’est à eux [les employés des autoroutes] de constater les infractions. Puis de transmettre ces constats à l’autorité de police, administrative ou pénale.»

Qui financerait alors ces contrôles de vitesses ?

Si les déclarations de Nicolas Sarkozy peuvent sembler justifiées par les besoins du pays de voir un maintient renforcé de l’ordre public grâce à un plus grand nombre de policiers sur le terrain, la question se pose sur le financement de ces contrôles de vitesses. Si ce n’est plus l’Etat qui les prend en charge, par déduction ce serait donc aux sociétés d’autoroutes de passer à la caisse !

Jusque là rien de dramatique pour les automobilistes me direz-vous. Pourtant si ce sont bel et bien les concessionnaires d’autoroutes qui prennent en charge les contrôles de vitesse, il est fort à parier qu’une sérieuse répercussion se fera ressentir sur les prix des péages qui ont déjà une nette tendance à augmenter sans trop de raison. Mais à cette réserve, Nicolas Sarkozy ne voit aucun problème :

Il y a une négociation entre l’Etat et les sociétés concessionnaires. Quant aux tarifs pratiqués par les sociétés d’autoroutes, à mon avis il y a de la marge.

Pourquoi la proposition de Nicolas Sarkozy ne fait pas l’unanimité ?

Sur le papier, on a envie dire que l’idée n’est pas mal : cette nouvelle répartition des tâches de Nicolas Sarkozy permettrait de libérer des forces de police et justifierait le prix en constante augmentation des péages. Pourtant tout n’est pas si simple. En effet, le fait de faire sous-traiter par des sociétés privées le contrôle de vitesse implique un risque important de voir cette mesure de sécurité devenir plus comme un business que comme un véritable service de sécurité routière. Par ailleurs, le forces de l’ordre sont assermentées contrairement aux employés des sociétés d’autoroutes. Sans compter que les effectifs déployés pour la sécurité routière ne s’occupent pas uniquement des contrôles de vitesse mais également du contrôle des papiers… un contrôle que l’on imaginerait mal effectué par les salariés des autoroutes. Pourtant, là encore, Nicolas Sarkozy a réponse à tout et souhaiterait que “les forces de police des transports aient les mêmes pouvoirs que ceux qu’on donne à la police municipale” .

Notez qu’à quelques semaines des élections régionales où la question de la sécurité tient une place centrale dans les débats, cette idée de faire contrôler la vitesse par les sociétés d’autoroutes afin de libérer des forces de police, sonne comme un mea culpa suite à la suppression des 15.000 postes de policiers et gendarmes faite lorsqu’il était encore président de la République. Une diminution des effectifs qui a de sérieuses conséquences, encore aujourd’hui.

 

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